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Jeudi 30 Novembre 2006

TLEMCEN

 

La «transparence» de l’argent en question

 

 

 

L’Algérie ne fournit que 20 à 40% d’informations budgétaires au citoyen.

 

Suite à la visite des experts du NEPAD qui a eu pour objet d’apprécier l’état d’avancement enregistré par le pays sur la voie de la bonne gouvernance, à Tlemcen l’université Abou Bakr Belkaïd a organisé ce mardi deux conférences sur la réforme budgétaire, un vrai problème de finances publiques et de managériat de sorte que la réforme se situe au carrefour de l’économie du pays, de la finance publique et de la gestion publique. Dans la réforme budgétaire actuelle, l’idée est, selon Pierre Llau, professeur émérite d’économie et finances de l’université de Paris X, de passer d’une logique de moyens à une logique de performance et de résultat, ce qui permettrait de financer des activités. «Donner des moyens à des ministères pour faire fonctionner leurs activités mais on va aussi les interroger sur les résultats auxquels ils doivent aboutir. L’efficacité en terme économique mène au résultat recherché». M. Bendi Abdellah, président du conseil scientifique, affirmera dans son allocution que l’accès du citoyen à l’information financière et budgétaire est devenu une préoccupation centrale à de nombreux chercheurs et démocrates, préoccupation qui a émergé pour accompagner les évolutions qui marquent l’économie mondiale à l’heure de la mondialisation. «Ce qui permettra de responsabiliser les pouvoirs publics et au citoyen de mieux appréhender les décisions politiques pour renforcer des combats contre la corruption». Quant à M. Barka Zine, professeur de finances publiques de l’université de Tlemcen, il présentera une enquête internationale sur la transparence budgétaire, un échantillon de 59 pays. Ces pays ont été classés en 5 grandes catégories allant des pays qui ouvrent complètement leur livre budgétaire à ceux qui ne l’ouvrent pas du tout à l’opinion publique. Dans la 1ère catégorie, c’est la France, la Nouvelle-Zélande, la Slovénie, l’Afrique du Sud, le Royaume-Uni, les Etats-Unis qui ouvrent leur livre budgétaire à plus de 80% et à moins de 90%. L’Algérie se trouve dans la 4ème catégorie pouvant divulguer entre 20 et 40% d’informations officielles aux citoyens, juste une information minimale, loin d’être l’idéal, en compagnie de l’Argentine, l’Azerbaïdjan, l’Albanie, le Honduras, l’Equateur, le Salvador, le Bangladesh, le Cameroun, l’Ouganda, le Népal et la Zambie. La dernière catégorie, celle des pays qui fournissent très peu ou pas d’informations budgétaires aux citoyens ou qui ne sont pas du tout transparents, comprend l’Angola, le Maroc, la Mongolie, la Bolivie, le Burkina Faso, le Vietnam, le Nicaragua, le Tchad, l’Egypte, le Nigéria. Finalement, dans le résultat final de l’index pour ce qui est du Maghreb, l’Algérie se trouve dans le 4ème groupe, le Maroc ne divulgue que 0 à 20% des informations et la Tunisie n’a pas voulu participer à l’enquête.

 

(Source:Quotidien d'Oran)

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publié par Elbnisafi dans: benisaf-sur-mer

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